Equipe de France

La défaite face aux Britanniques, la qualification pour l’Euro 2022 et les Jeux Olympiques de Tokyo… Christophe Denis revient sur la prestation des Bleus

Thomas Heurtel a grandement contribué à la qualification des Bleus (crédit Savo PREVELIC/AFP)

Après la lourde défaite de l’Équipe de France face à la Grande-Bretagne (73-94), Christophe Denis est revenu sur la rencontre, et la qualification pour l’Euro 2022. Les Jeux Olympiques 2021 sont le prochain objectif des Bleus… et certains joueurs « ont presque un pied et demi » à Tokyo.

Quel est le sentiment de l’Équipe de France après cette défaite ?

Je pense qu’ils sont frustrés. C’est un sentiment contradictoire puisqu’ils doivent être fiers du parcours qu’ils ont réalisé lors de ces qualifications. Il y a tout de même une grande satisfaction de rentrer au pays avec ce billet pour l’Euro 2022, et le sentiment du devoir accompli.

Comment les Bleus ont-ils abordés ce match ?

L’approche de la rencontre ce soir a été délicate à gérer. Ce match a été très difficile pour le staff, comme pour les joueurs. Ils ont voulu jouer cette rencontre comme si c’était celle de la qualification, (chose qui n’était pas). À travers les différentes conférences de presse de Vincent Collet, on savait que cela allait faire tourner. Le temps de jeu de Maxime Roos en est le parfait exemple (9 points, 3/3 au tir, 12 minutes). Le sélectionneur a qualifié cette rencontre comme une sorte de « match de préparation ». C’était un match très important pour le staff de l’équipe de France car il fallait absolument rester dans la même dynamique que toutes les bonnes choses qu’on avait vu à Pau, et face au Monténégro (victoire 71-73). L’idéal aurait été de garder cette même approche comme la seconde mi-temps de samedi. On aurait voulu les voir avec le couteau entre les dents, en ayant cette même agressivité.

On a vu une belle équipe de Grande-Bretagne…

Depuis les Jeux Olympiques de Londres où ils ont été pathétiques, les Britanniques ont mis un programme en place, et aujourd’hui, il porte ses fruits. Ils sont dans un processus de reconstruction. Ce match était pour eux un révélateur. On a vu une équipe plus en attitude, plus agressive. C’est devenu une team très athlétique et plus dure…

Au delà de toutes ces petites séquences défensives où ils ont été dans le combat, à gagner des ballons, à faire provoquer des ballons perdus aux français… Il y a eu plusieurs comportements révélateurs ou plusieurs réactions hargneuses comme celle d’Ovie Soko, (qui a réalisé d’ailleurs un vrai chantier avec 27 points, 7 rebonds, 2 passes), d’un regard plein de détermination. On l’entendait presque dire : « Voilà c’est notre identité ». Cela fait bien longtemps qu’on a pas vu une équipe avec des joueurs d’un certain talent.

J’ai été complètement séduit par la qualité des Britanniques. Ils étaient dans un tout autre contexte, même si ils étaient au départ qualifiés. Ils voulaient rester dans cette excellente dynamique depuis leur match face à l’Allemagne (81-83). On peut mettre un gros coup de projecteur, non pas sur la contre performance des Français, mais plutôt sur le très bon match des Britanniques.

Il faut savoir prendre un peu de recul, et mettre en lumière l’essentiel. La Grande-Bretagne est équipe naissante en Europe, on est tombés sur une très grande team qui met le pied à l’étrier, et qui contribuera au basket européen ces prochaines années.

Qu’est ce que l’on peut retenir de ces deux derniers matchs ?

Tout d’abord, un grand chapeau à l’ensemble de l’équipe de France pour la qualification. Il n’y a pas de motifs d’inquiétude mais plutôt des motifs de satisfaction, et ce, malgré la défaite. 

Il y a des joueurs qui, petit a petit, ont presque un pied et demi pour Tokyo. Mais cela ne veut pas dire qu’ils seront là-bas pour autant, car il y a telle concurrence… 

Andrew Albicy a finalement réussi à assumer le statut que le staff a voulu lui donner. Il y a des cadres comme Amath M’Baye, Alexandre Chassang ou encore Isaia Cordinier qui ont été très bons. Ces joueurs là ont prouvé qu’ils pouvaient éventuellement faire partie du voyage à Tokyo.

Ce que je retiens, c’est qu’il y a des profils comme celui de Maxime Roos, qui ont été convoqués chez les A pour leurs bons résultats avec leur club, et leur performance individuelle.

Axel Julien et Billy Yakuba Ouattara ont été très bons sur toutes les fenêtres. Ce sont des joueurs qui finalement, ont apporté la preuve que l’on peut compter sur eux, pour les futures échéances ou en cas d’absence des cadres habituels.

Comment trouver une stabilité malgré les absents ?

C’est compliqué, il faut constamment renouveler, et ce n’est jamais évident d’ancrer une identité de jeu. Le staff a tout de même réussi a mobiliser tout le monde pour atteindre cet objectif.

Face au Monténégro les Bleus étaient très concentrés défensivement, ce qui définit son ADN. Le talent offensif de Thomas Heurtel a été très bénéfique pour l’Équipe de France. Il a permis de débloquer les situations. Cette force de caractère leur a permis d’aller chercher cette qualification.

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