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NBA : Le déclic de Clint Capela

Le Suisse réalise de grosses performances en ce début de saison. Il montre à la NBA qu’il est l’un des meilleurs pivots de sa génération : dans une équipe des Hawks d’Atlanta décimée par les blessures.

Clint Capela en plein dunk lors de la victoire des Hawks face aux Timberwolves (97-108) (crédit AFP)

« A capella », Clint rayonne par sa singularité… Comme cette locution italienne, il n’a nul besoin de quiconque pour s’imposer dans la raquette. Réalisant des prestations hors norme en ce début de saison, l’ex joueur des Rockets est devenu en peu de temps un élément indispensable de son équipe. En 13 matchs, il culmine à une moyenne de 14.2 points et 14,15 rebonds. En double-double, le Genevois marque les esprits. Oui, le « grand suisse » s’impose dans la ville de Martin Luther King, devenant à lui seul le pilier de la défense des Hawks.

L’altitude, ça lui connaît 

De son 2m08 de haut, pour un 2m24 d’envergure de bras, Clint Capela s’impose aisément dans les airs. Ce n’est rien comparé au fameux Bank of America, (immeuble gigantesque de 312 m mètres construit au large d’Atlanta), mais cela en prend tout de même les allures. Que faire face à un géant, s’étendant jusqu’à 10 pieds de hauteur ? Lorsqu’il vient contrer son adversaire, « il fait la poutz » comme dirait-il dans ses chères montagnes. En trois matchs, le jeune de 26 ans avait un appétit gargantuesque. 

De son maillot « city edition », conçu en l’honneur du « MLK day », l’ancien de Chalon-sur-Saône donne le ton en 23 points et 15 rebonds face aux Timberwolves du Minnesota. Puis, il achève un double double exceptionnel à 27 points, et 26 rebonds et 5 contres (record en carrière) face aux Pistons de Detroit. C’est la première fois qu’un joueur réalise une performance de ce niveau (+ 25 points, +25 rebonds, +5 contres) depuis le Shaq en 2004. Sur ce coup-ci, l’ancien des Lakers devra s’incliner devant la prestation du pivot, poste qu’il critique fortement (notamment Rudy Gobert).

Il confirme son goût pour les statistiques avec un autre triple-double d’anthologie : 13 points, 19 rebonds, et… 10 contres (encore face aux coéquipiers de D’Angelo Russell). Pas commun, un vrai mur face à une équipe en manque de confiance. « Too easy, another rejected ! » répètent les commentateurs américains, désabusés par ses exploits. Ces victoires engagent alors une dynamique pour lui et son équipe, remaniée de toutes parts.

Une pièce maîtresse du jeu 

Ce n’est plus un secret pour personne, Atlanta n’est pas venu ici pour faire de cadeaux. Comment ne pas parler d’un renouveau sans évoquer la venue d’un Rajon Rondo fraîchement bagué avec les Lakers de Los Angeles. Mais, l’Américain vient s’inscrire à l’infirmerie, et contrarier les plans du coach Lloyd Pierce. Bogdan Bogdanović, lui aussi « out », (victime d’une fracture du genou) a vu les fans des Hawks grincer des dents. Heureusement pour eux, l’Italien Danilo Gallinari est venu apporter son expérience au très jeune rooster. 

Mais il y en a un qui épate toujours autant, Trae Young. Le meneur de 22 ans s’est vu conforté par l’arrivée de Clint Capela. Efficace en « pick and roll », les deux affichent une complicité naissante. Encore plus facile de shooter lorsque un écran aussi solide vient faire barrage. Ice Trae est revenu sur la prestation légendaire du Suisse (triple double face à Minnesota) : « Ce qu’il a fait est incroyable. Il fait ça avec régularité. Il faut rendre à César ce qui est à César. Il joue vraiment bien. »

Affichant de réelles ambitions, comme à une époque en compagnie de James Harden, Clint Capela se rattrape de sa saison dernière en demi-teinte. Impitoyable au rebonds et en défense, il confirme l’étendue de sa panoplie.

Malgré un début de saison compliqué, les Faucons ont basculé leur bilan dans le positif : 8 victoires et 7 défaites. Ils sont classés 6e devant les Brooklyn Nets de Kevin Durant. La saison est encore longue, mais la franchise doit poursuivre sur son élan. Avec un Clint Capela, et un Trae Young étincelants, pour le moment, ça passe… Sur le long terme, cela risque d’être compliqué.

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