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[Portrait] : Jean-Denys Choulet, la force de caractère

Après Zvezdan Mitrovic la semaine dernière, place à un autre figure emblématique du championnat de France. Revenu à la tête de la Chorale de Roanne pour redorer le blason du club, Jean-Denys Choulet n’a pas terminé sa mission. Portrait d’un coach qui n’a pas la langue dans sa poche.

Roanne, son club de cœur

A l’été 2000, Jean-Denys Choulet prend les commandes de la Chorale de Roanne. En deux saisons, il parvient à hisser le club en Pro A, puis à le stabiliser au plus haut niveau jusqu’à cette fameuse saison 2006-2007. Avec un groupe particulièrement talentueux, il conduit Roanne à son premier titre national à la mi-saison, remportant la Semaine des As face au Mans 87-82. Quelques mois plus tard, après avoir éliminé l’Elan, d’Everett, Best et Guice en demi-finale, Roanne réalise le doublé remportant le titre de Champion de France aux dépens de Nancy. Un exploit retentissant à l’époque, Roanne présentait alors le 13ème budget de la division. L’histoire roannaise se termine en novembre 2011 alors que Roanne présentait un bilan équilibré de 3 victoires pour 3 défaites.

Le sacre avec l’Elan Chalon en 2017
Pour Jérémy Nzeulie (Chalon-sur-Saône), «terminer sans un titre aurait été  frustrant» - Basket - Pro A - L'Équipe

Dans un Colisée en feu, Jean-Denys Choulet, alors à la tête de l’Elan Chalon, porte le club bourguignon au titre de champion de France de Pro A en 2017. Emmené par un collectif de grande qualité, les Chalonnais renversent la SIG Strasbourg lors d’un match 5 épique remporté 74-65. Jérémy Nzeulie (14 points et 4 rebonds dans ce match) terminera MVP des finales.

« On a passé une saison extraordinaire. Je pense que cette équipe aura marqué l’histoire du club. Terminer sans un titre aurait été frustrant. Cela nous avait fait très mal de perdre une première finale (FiBA Europe Cup). Au lendemain de cette défaite, j’ai tenu à réunir l’équipe et j’ai dit aux gars qu’on pouvait être champions de France. Je croyais en ce groupe. Je suis fier de cette équipe. Sur un plan personnel, la saison a été assez difficile. J’ai dû m’adapter à un nouveau style de jeu. J’ai dû changer un peu ma façon de jouer. Durant ces play-offs, j’ai été un peu plus agressif. C’est ce qui a fait la différence. Dans l’ensemble, ma saison a été mitigée, mais avec le titre, elle est magnifique. »

Le retour sur le banc de la Chorale

Aujourd’hui à 61 ans, Jean-Denys Choulet réaffirme son attachement à son club de cœur en poursuivant sa mission à Roanne. De nouveau sacré à Chalon-sur-Saône en 2017, il était revenu le 3 janvier dernier au côté d’Emmanuel Brochot pour relever l’équipe à la lutte pour le maintien en Jeep® ÉLITE.

« On n’a pas terminé la mission. J’ai vraiment envie de redonner du peps à ce club, de tout mettre en œuvre pour le restructurer au niveau sportif. Il y a un travail énorme à faire, mais on a la chance que le club soit bien géré sur le plan financier. Ce n’est pas forcément ce qui m’animait il y a encore quelques années ici, mais on n’a pas d’autre solution que d’utiliser le centre de formation et d’injecter du liant des U18 aux professionnels. »

Le pari de la jeunesse

Cette saison, Jean-Denys Choulet a bâti une équipe jeune composée de six rookies et d’un meneur français talentueux. Le technicien choralien n’a pas peur de prendre des risques.

« Les rookies, cela ne me dérange pas. Je préfère un rookie talentueux à un vieux briscard de Jeep ELITE. Il n’y a pas de prise de risque, un bon joueur reste un bon joueur. Moi, ce qui m’intéresse c’est d’essayer de ramener des joueurs pas connus très bons et pas chers. Les bûcherons qui jouent au basket, c’est pas trop mon truc. J’aime le beau jeu, j’aime le talent, je préfère la fluidité et l’élégance. Un joueur comme Ronald March, c’est élégant. »

Un coach mélomane

Jean-Denys Choulet aime profondément son métier d’entraîneur mais c’est aussi un inconditionnel de musique. Le Franc-Comtois écoute de tout et voue une passion presque viscérale pour Georges Brassens, qu’il considère comme le maître.

« C’est vrai. J’en mets à l’entrainement depuis longtemps. Je suis un passionné de blues et de rock. Les joueurs, c’est pas leur tasse de thé. Tout est « old school » pour eux. Mais bon, quand on connait pas les Beatles, ou quand on est Américain et qu’on ne connait pas Bruce Springsteen ou Johnny Cash, ça donne une idée de la culture générale. Je suis aussi motard. Je suis fan. On prend la moto. On s’en va. On se sent libre. J’aime l’ouest américain, la Californie, et San Diego, la seule ville ou je partirais demain matin et à toute vitesse. Georges Brassens pour moi, c’est un maître. J’attends qu’une chose, c’est pouvoir aller me recueillir sur sa tombe. »

Objectif maintien

La Chorale de Roanne va lutter pour le maintien cette saison. L’état d’esprit de l’équipe choralienne est complètement différent cette saison et Jean-Denys Choulet espère éviter un maximum les blessures.

« Pour faire une bonne saison, il faut passer au travers des blessures. Si Sylvain Francisco ou Ronald March se blessent, on a pas de marge. »

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