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[INTERVIEW] : Léa Favre – « Mon expérience aux Etats-Unis a été excellente »

Aujourd’hui, nous sommes partis à la rencontre d’une joueuse au parcours hors du commun. Après avoir commencé sa carrière en Suisse, Léa Favre a décidé de tenter sa chance aux Etats-Unis avant de revenir en Europe. Rencontre.

  • Bonjour Léa, peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Léa Favre : « Je m’appelle Léa Favre, j’ai 23 ans et j’ai la double nationalité puisque je suis franco-suisse. J’ai commencé le basket à l’âge de 5 ans et j’ai de suite accroché. J’ai joué en Suisse jusqu’à mes 14 ans puis j’ai intégré le pôle Espoir Franche Comté à Besançon pour une année. Ensuite, j’ai intégré le Centre de Formation d’Aix en Provence, avec Damien Leroux comme coach. Malheureusement, je n’ai pu y faire qu’une seule saison car le club a fait faillite. J’ai donc ensuite rejoint le Centre de Formation du TGB à Tarbes pour deux ans. Après mon bac, j’ai pris la décision de partir aux USA, afin de pouvoir continuer le projet sport-études section basket. J’ai fait une année à l’Université de Nevada avant de partir pour les 4 dernières années à Rider University, dans le New Jersey. Je viens de finir ma dernière saison aux USA, donc c’est mon retour en Europe pour la saison prochaine. »

  • Dans quelle division jouais-tu et quel était ton rôle au sein de l’équipe cette saison ?

L.F : « J’ai joué pendant 4 saisons pour Rider University en NCAA dans la MAAC Conference. J’occupe le poste d’ailier-fort et mon rôle dans mon équipe aux Etats-Unis était d’être le “Facteur X”. J’ai eu plusieurs échanges avec ma coach, afin de déterminer ce rôle, c’est elle qui a choisit le nom, et ça me correspondait plutôt bien. A chaque match, je pouvais apporter quelque chose de différent, que ce soit une mission défensive, scorer, prendre des rebonds… Je m’adaptais en fonction de ce que l’équipe avait besoin pour arracher la victoire. Pour la saison prochaine, je verrai bien ! Pour la saison 2020-2021, j’ai signé avec le RBC Pepinster en première division belge. »

  • Que retiens-tu de cette saison même si celle-ci s’est terminée trop tôt ?

L.F : « Ce fut ma meilleure saison malgré la fin abrupte. Mon équipe a fait une saison historique, avec de grosses victoires contre des équipes comme Georgetown, Penn State ou Xavier, et on a gagné la saison régulière de notre conférence, ce qui était une première pour Rider University. Personnellement, c’était aussi une très bonne saison, avec beaucoup de temps de jeu et du challenge contre chaque équipe. »

  • Pourquoi avoir choisi de tenter ta chance aux Etats-Unis ?

L.F : « En tant qu’athlète féminine, il est extrêmement difficile de pouvoir vivre de son sport toute sa vie, les salaires ne sont pas équivalents à ceux des hommes, et ensuite, il y a des facteurs comme une grossesse par exemple qui peuvent raccourcir une carrière. Donc il était important pour moi de faire des études, pour avoir un bon plan B quand ma carrière se terminera. Et en Europe, c’est vraiment difficile de faire des études tout en jouant au basket à un haut niveau, la plupart des joueuses doivent faire des choix, donc j’ai décidé de partir dans le système universitaire américain qui donne cette chance de pouvoir faire des études tout en pratiquant un sport à haut niveau. »

  • A terme, ton souhait est de devenir basketteuse professionnelle ?

L.F : « Oui, joueuse professionnelle, c’est clairement mon projet pour le moment, d’où mon choix de partir jouer en Belgique au lieu de revenir dans ma Suisse natale. Et j’espère avoir une carrière sur la durée, je veux jouer tant que j’ai du plaisir et les capacités. Après, j’ai des ambitions à côté, j’ai un Master of Business Administration (c’est un master de gestion et de management des entreprises) donc j’ai quelques projets en tête de ce côté là. Pouvoir travailler pour l’Euroleague, FIBA ou la NBA, ça me plairait vraiment afin de mixer basket et business. »

  • Un mot sur l’ambiance qui règne aux Etats-Unis, qu’est-ce qu’il y a de plus là-bas par rapport aux autres championnats ?

L.F : « L’ambiance est complètement différente. Les Américains adorent le sport, cela fait vraiment partie de leur culture de suivre le sport et d’encourager leur équipe, surtout au niveau universitaire. Les infrastructures sont absolument incroyables, les salles de basket sont magnifiques et immenses. Que ce soit au niveau universitaire ou professionnel, il y a les moyens et les athlètes ont énormément de ressources à leur disposition (salles de musculation, médical, nutrition…). »

  • Quelle est selon toi la principale qualité qu’il faut avoir pour occuper ton poste ?

L.F : « La combativité et l’envie. En tant que poste 4, tu vas devoir jouer physique et te prendre des coups par moment, tu fais aussi le travail “ingrat” comme t’occuper des rebonds et poser des écrans, donc si tu n’as pas cette combativité, c’est dur de jouer à ce poste. Un bon exemple, c’est Dennis Rodman, qui n’était pas bien grand, mais qui voulait juste la balle plus que n’importe qui et qui avait les crocs sur le terrain. »

  • Un mot sur l’entente avec tes coéquipières et la relation avec ta coach ?

L.F : « Mon expérience à Rider a été excellente, nous étions plusieurs internationales dans l’équipe, donc c’était super de pouvoir partager notre culture avec les américaines. Je me suis faite de très bonnes amies, on a déjà des projets de voyage, que ce soit aux USA ou en Europe afin de se revoir. Ma coach, Lynn Milligan, m’a très vite fait confiance, j’ai eu beaucoup de temps de jeu et de responsabilités. On avait une relation de confiance mutuelle, et on partageait un esprit de la gagne. »

  • Quels sont tes modèles et que peut-on te souhaiter pour la suite ?

L.F : « Comme joueur, j’admire le jeu de Tim Duncan et Nikola Jokic. Ma famille a toujours été fan des Portland Trail Blazers, donc j’ai aussi grandi en regardant des matchs d’Arvydas Sabonis, un des meilleurs intérieurs européens. J’aime aussi beaucoup le jeu d’Elena Delle Donne, c’est pour moi la meilleure joueuse actuellement. Pour ce qui est de la suite, une bonne première expérience professionnelle, sans blessures ni pépins et beaucoup de frites belges (rires). »

Propos recueillis par Dimitri VOITURIN

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