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[INTERVIEW] : Pauline Poinsignon – « Un bon arbitre sait reconnaître ses erreurs »

Souvent critiqué, l’arbitre joue un rôle très important dans un match de basket-ball. Nous avons eu le plaisir de partir à la rencontre de Pauline Poinsignon, jeune arbitre au niveau régional depuis maintenant quatre ans.

  • Bonjour Pauline, comment t’es venue cette passion pour l’arbitrage ?

Pauline Poinsignon : « J’ai toujours eu un profond respect pour les arbitres des matchs quand j’étais joueuse et je trouvais ça impressionnant de prendre des décisions que même moi en tant que joueuse je ne comprenais pas. C’est ma maman qui m’a dit que c’est une activité qui pourrait me convenir (elle connait bien mon caractère). J’avais vraiment envie de garder un pied dans le basket sans y jouer donc l’arbitrage a été un bon compromis. »

  • Avec le confinement, qu’est-ce qui te manque le plus dans l’arbitrage ?

P.P : « Tous les acteurs d’une rencontre, c’est la relation humaine qui me manque. Arbitrer un match score serré, avoir une légère pression pour ne pas prendre de mauvaises décisions, voir de bonnes actions, rigoler avec les officiels de table de marque, rester focus sur les pistes de travail, tout ça c’est un manque au quotidien. Puis les collègues, c’est toujours génial de retrouver ses collègues qui sont parfois des amis, parler basket etc. C’est vraiment toutes les sensations du sifflet qui me manquent. »

  • Arbitrer quand on est une femme, est-ce plus difficile ?

P.P : « Ce n’est pas plus difficile parce qu’on a le même job à faire qu’un homme, c’est à dire que le coup de sifflet n’est pas genré, une femme, un homme doit mettre le même. Cependant, c’est parfois difficile lorsque les remarques sont directement dirigées sur qui tu es en tant que femme. Les insultes misogynes il y en a tout le temps, il faut savoir bien sanctionner quand il s’agit des acteurs ou les éviter quand il s’agit du public. La clé c’est d’avoir confiance en soi et de s’affirmer. »

  • Comment réagis-tu aux différentes remarques pendant les matchs ?

P.P : « Si ça vient du public, j’ignore sauf si on est sur une discrimination ce qui est inadmissible et ne doit pas avoir lieu sur les terrains. Si ce sont les acteurs je préviens ou sanctionne en fonction du degré. Psychologiquement, cela ne me touche pas. »

  • Qu’est-ce qui est le plus dur quand on arbitre selon toi ?

P.P : « Le plus dur c’est de laisser ses émotions de côté et de prendre des décisions avec le plus de sang froid possible. Souvent les acteurs oublient que nous sommes des êtres humains et que nous avons le droit a l’erreur, nous aussi on peut avoir mal dormi la nuit précédente ou être stressé avant un match. Sauf que nous devons être le plus concentré possible pour ne pas laisser ces aléas bousculer la rencontre. »

  • A quoi reconnaît-on un bon arbitre ?

P.P : « Un bon arbitre sait reconnaître ses erreurs, il est aussi très humain et empathique, évidemment un acharné (du travail bien sûr) car on n’a rien sans rien. Mais le plus important c’est qu’il soit passionné car la passion n’a pas de limites ! »

  • Quel est ton meilleur souvenir en tant qu’arbitre ?

P.P : « J’ai arbitré une super finale régionale U13M à Paris, dans une ambiance de folie, avec des gens respectueux, des gamins qui jouaient au basket sans râler avec un bel esprit, un score serré et évidemment un vaincu et un vainqueur mais c’était magique ! »

  • Quels sont tes principaux objectifs pour la saison prochaine ?

P.P : « Renforcer mes connaissances, dominer mon niveau en premier lieu, puis me permettre d’avancer en bossant sur mes failles pour éventuellement monter en grade, on croise les doigts. »

Propos recueillis par Dimitri VOITURIN

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