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[JEEP ELITE – J16] : Des raisons d’y croire

Alors que l’avant-dernière journée de la phase aller de la Jeep Elite va débuter ce samedi après-midi, le leader villeurbannais effectue un déplacement qui peut sembler plus périlleux qu’il en à l’air sur le parquet de la JSF Nanterre. Près d’un an après le duel à la U Arena de la Défense, les deux équipes se retrouvent pour le choc au sommet de cette 16ème journée.

L’ASVEL est clairement l’équipe à battre – ou à abattre – cette saison en Jeep ELITE. Jusqu’à présent, seul Pau et la SIG ont su le faire à domicile, mais peut-être que Nanterre pourrait être le troisième club français à faire tomber le leader cette saison. Mélangeons quelques statistiques et des faits pour en arriver à cette conclusion.

Un bilan à l’extérieur moins dominateur

Si l’Astroballe est imprenable en championnat (une défaite en Eurocup face au Partizan Belgrade), l’ASVEL semble plus friable en déplacement. La meilleure défense du championnat (73,6 pts encaisses et 16 pts d’écart moyen par victoire à domicile), vacille plus à l’extérieur avec plus de 80 points encaissés en moyenne par match. Les hommes de Mitrovic semblent plus vulnérables en déplacement, toutes proportions gardées bien entendu. Ce club est allé gagner contre le Lokomotiv Kuban en Eurocup le 2 janvier, une performance exceptionnelle vu l’effectif du club de Krasnodar. Néanmoins les Villeurbannais ont tremblé plus d’une fois cette saison, en s’inclinant de peu à Pau et à Strasbourg, sans oublier une victoire sur le fil dans le chaudron du Portel grâce à un panier primé de Malnietis dans les dernières secondes.

Une JSF toujours imprévisible

Au-delà du plan statistique, il est bien connu que le club de Nanterre est capable de tout, du pire comme du meilleur. Capable d’être dominé sans partage par le club israélien d’Holon en Ligue des Champions le mercredi (70-82) en effectuant « son pire match à domicile de la saison » selon les mots d’Adas Juskevicius en conférence de presse. Puis d’aller s’imposer au Rhénus 48 heures plus tard en produisant un match plein (75-85). La JSF est une équipe à redouter lorsqu’elle est dans la peau d’outsider, c’est dans ce contexte bien précis que le club des Hauts-de-Seine sait prendre à contre-pied son adversaire. La blessure de Julian Gamble au poste de pivot est très handicapante, notamment face au collectif villeurbannais déjà pléthorique à l’intérieur (Kaba, Noua, Kahudi, Bilan) et renforcé par Alexis Ajinça qui pourrait disputer ses premières minutes sous ses nouvelles couleurs, mais sans Livio Jean-Charles blessé. Cependant, Nanterre 92 sort d’une performance historique en LDC FIBA face à Bonn (103-56). Il ne faut pas s’enflammer pour autant, cette large victoire n’est pas si significative si elle n’est pas confirmée rapidement.

Une trêve bénéfique

Alors que l’ASVEL a dû enchaîné avec l’Eurocup, Nanterre s’est parfaitement reposé pendant les fêtes et a pu se reconstruire pendant la trêve. La prestation face à Bonn en coupe d’Europe ce mercredi était bluffante (victoire 103-56). Pascal Donnadieu a expliqué en conférence de presse que l’équipe était un peu à bout de souffle avec une fin d’année très chargée et que la pose a fait du bien. De plus, l’entraîneur a convoqué les joueurs individuellement pour préparer une reprise physique adaptée et intense. Le travail à l’entraînement était important et a vite donné ses fruits face à l’équipe allemande. À l’arrivée, Nanterre égalise le record du plus grand écart infligé en LDC FIBA (+47) et réalise la deuxième meilleure marque derrière l’arc avec 19 paniers primés (record détenu par Oldenburg l’an passé avec 20). En plus des chiffres performants, Nanterre a affiché un visage défensif doublé d’une grande intensité des deux côtés du terrain. Réputée pour jouer l’offensive en priorité à coup de 3 points, l’équipe de Nanterre a parfaitement muselé l’équipe de Bonn, tout en produisant un basket offensif collectif et appliqué. La JSF termine cette rencontre avec 27 passes décisives. La prestation collective était d’une très grande qualité, techniquement, tactiquement et physiquement, la JSF est prête en ce début d’année 2019.

Un point statistique

L’ASVEL domine bien sûr dans la majorité des statistiques de notre championnat, deuxième meilleure attaque (83,7 pts marqués), meilleure défense (73,6 pts encaissés), meilleur taux de réussite au tir (50,3%), deuxième meilleure équipe au rebond (36,6 de moyenne). Sans grande surprise, les Villeurbannais dominent dans presque toutes les catégories défensives : % de réussite adverse le plus faible, le moins de rebonds attribués par match, une équipe qui limite ses adversaires à moins de 16 passes décisives de moyenne, et la liste est longue… Sans surprise aussi, l’ASVEL est l’équipe qui provoque le plus de faute. La patte Mitrovic ici puisque c’était déjà le cas de Monaco l’an passé, il n’hésite pas à demander à ses équipes à hacher la partie. Mais Nanterre est sur le podium de la Jeep Elite et possède aussi des arguments : meilleure adresse à 3 pts (43,5%, seule équipe à plus de 40%), 50,2% d’adresse générale, la seule équipe avec plus de 50% dans ce domaine avec … l’ASVEL. Mais aussi une équipe disciplinée, l’une de celle qui provoque le moins de fautes en championnat.

Le secteur intérieur, la clef du match ?

Impossible de ne pas évoquer ce qui est le talon d’Achille de la JSF depuis quelques temps désormais : la raquette. Nanterre 92 est le club qui cueille le moins de rebonds dans l’élite (31), et l’absence de son pivot titulaire pose réellement problème. Là où l’ASVEL est surchargée dans le secteur intérieur, la JSF semble démunie pour un tel affrontement. Pour autant, Nanterre 92 pratique un jeu small ball qui lui correspond bien, et l’absence de Gamble n’ semble-t-il pas du tout posé problème face à Bonn. Ce sera une toute autre histoire face à une équipe aussi robuste et dense que l’ASVEL, mais sur un match, sur 40 minutes, être dominé dans la raquette peut ne pas être irréversible. Nanterre 92 a cette capacité à faire déjouer ses adversaires lorsque le club est dans une grande forme au tir. Au-delà du roster de l’ASVEL, c’est bien sa qualité mentale qui impressionne. L’équipe est rarement mise en difficulté, et même lorsque c’est le cas, sa capacité à inverser le rapport de force est importante, ce qui lui permet de se sortir de n’importe quelle situation. Notamment au Portel dans une ambiance hostile et dans un scénario compliqué en fin de match où les locaux revenaient forts. L’ambiance s’annonce très similaire en région parisienne où le match se jouera à guichets fermés.

Le bilan de l’entraîneur monténégrin et du club de l’ASVEL face à Nanterre

Lors de ses trois matches disputés en saison régulière sur le parquet de Nanterre avec l’ASM, Zevzdan Mitrovic les a tous perdus, notamment le dernier par 30 points d’écart sans Aaron Craft (99-69 le 20/01/2018). Comme quoi la JSF semble savoir lui résister au Palais des Sports Maurice Thorez. Il s’est imposé une seule fois durant les play-offs en mai 2016. De plus, l’ASVEL n’a gagné qu’une fois en sept rencontres sur le parquet de Nanterre depuis que le club francilien joue dans l’élite. Statistique pas forcément parlante en 2019 puisque l’ASVEL possède maintenant un budget très important et un effectif plus développé par rapport aux années précédentes, mais cette équipe ne semble pas en réussite dans cette salle. Tout est réuni pour offrir une très belle affiche entre deux équipes sur le podium.

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