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[INTERVIEW – SIXIÈME HOMME] : Les White Sharks, ces supporters Antibois aux dents longues

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Pour ce numéro du 6e homme, la rédaction s’est risquée d’aller sur la côte d’azur pour s’immerger en milieu hostile, parmi le club de supporters d’Antibes, les White Sharks. Mais pas d’inquiétudes, la rencontre avec l’ex et le néo président (Michael Berilloux et Thomas Laforêt) s’est bien passée, mieux, ils ont accepté de se livrer à nos questions. Entre nostalgie et franche rigolade, les deux requins blancs se sont régalés.

Dynamic Slashers : Bonjour Michael et Thomas, pour commencer, la rédaction vous adresse ses meilleurs vœux. Comment allez-vous?

MB : Bonjour! Je vais bien, j’espère que nous allons tous passer une belle année 2019, et je profite pour souhaiter une bonne année, et surtout la santé, à tous ceux qui liront cet article.

TL : Bonjour, ça va très bien, même si c’est difficile en ce moment avec le ventre bien plein en cette période de fête!

Hormis votre passion pour les Sharks d’Antibes, que faites-vous dans le civil?

MB : Dans le civil je suis animateur périscolaire.

TL : Je travaille à la mairie d’Antibes en tant qu’agent d’entretien. En parlant de passion, j’ajouterai que je suis également passionné par l’OGC Nice et le FC Geugnon, mon club de coeur car Bourguignon de naissance!

A quand remonte cet âme de supporter pour l’équipe, et surtout, depuis quand êtes-vous chez les White Sharks?

MB : Mon âme de supporter, si je ne dis pas de bêtises, remonte à une vingtaine d’années, lors d’un match Antibes-Limoges à l’Espace Piscine, le premier match que j’ai vu. Je faisais du basket à l’école, et mon père nous avait proposé avec mon meilleur pote de nous emmener voir ce match. Ensuite j’ai compris qu’il fallait que je revienne très souvent voir du basket, parce que j’avais adoré ce que j’avais vu sur le terrain. Je suis chez les White-Sharks depuis 2 ans et demi. L’ancienne équipe avait décidé, pour des raisons que je comprends très bien, d’arrêter de s’occuper du groupe des supporters. Admiratif de l’ambiance qu’ils s’efforçaient de mettre à l’Azur Arena, je me suis senti très triste, car le « cœur-ambianceur » des supporters antibois était voué à disparaître. Je me suis donc rapproché de l’équipe, pour leur proposer de reprendre le groupe, moi qui n’était même pas White-Sharks. L’idée a été acceptée, et avec Thomas, mon secrétaire à l’époque, et Patrick, le trésorier, nous avons repris le groupe et reconstruit ce qu’il fallait. Et maintenant Thomas est président, Patrick toujours trésorier, et Jennifer est secrétaire.

TL : Dès mon plus jeune âge à environ 10 ans, j’avais déjà cet âme de supporters avec les Ultras Forgerons du FC Gueugnon. S’en est suivi la découverte de la chaude ambiance de la BSN de l’OGC Nice, et la fibre n’a jamais disparu. Pour ce qui est des White Sharks, je le suis seulement depuis août 2015, date à laquelle nous avons repris le groupe avec Mika, comme il l’a si bien expliqué. Auparavant, depuis 2013 en fait, je venais en tribune avec des anciens WS pour donner un coup de main.

Les Whte Sharks justement : pouvez-vous nous parler de votre club?

MB : Comme j’ai déjà commencé à l’expliquer, WS est un groupe qui a déjà eu plusieurs vies. Il a commencé à exister il y’a une dizaine d’années, du temps où le club jouait encore au Stade Foch, ce « chaudron » que nous regrettons tous. Les supporters étaient toujours le moteur, et ce n’est pas la jeunesse et le manque de moyens qui les empêchaient d’y mettre toute leur volonté. Aujourd’hui, c’est toujours notre mission. La salle est difficile à chauffer, mais nous y mettons tout notre cœur, on se laisse toujours emballer par notre passion.On a une vraie ambiance de potes, on fait des déplacements, par exemple nous sommes allés à Marseille voir Fos-Antibes, on organise des petits événements entre nous, nous sommes plus présents sur Facebook, Jennifer et Laurent sont présents aux conférences de presse d’après-match pour retransmettre ensuite ce qui est dit sur le web. Nous essayons le plus possible de nous montrer aux yeux de tous, histoire d’intéresser le plus de monde possible à ce que nous faisons, et donc également au basket antibois. De même, après chaque match, nous nous retrouvons toutes et tous dans un fast-food non loin de la salle, pour échanger, débriefer, dans la joie et la bonne odeur des hamburgers!

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Comment analysez-vous la saison entamée par l’équipe?

TL : Un début de saison totalement loupé dû au mauvais recrutement sur l’axe 1-5, une préparation tronquée par les arrivées tardives, les blessures… Et c’est désormais difficile d’inverser la tendance. Pourtant, il y avait largement la place pour l’emporter contre des équipes comme le MSB, la SIG, alors qu’Antibes jouait très mal, ce qui est d’autant plus rageant. L’arrivée de Green combinée au retour de Chris Otule a fait du bien. Cette équipe est capable du meilleur comme contre Pau, mais aussi du pire au regard des matchs contre le BBD ou le BCM. La saison s’annonce longue, d’autant que Cholet (en lutte également pour le maintien, ndlr) se réveille grâce notamment au retour sur le banc d’Erman Kunter, donc la course au maintien sera d’autant plus complexe.

MB : Le début de saison, on l’analyse rapidement : nous ne sommes pas rassurés. Une préparation tronquée par un recrutement tardivement bouclé, des absences pour les fenêtres internationales, deux blessures, et on a ramé. Maintenant grâce aux signatures de Taurean Green et Chris Otule, nous sommes plutôt rassurés car nous avons de vrais points d’encrage aux postes clés, mais malgré tout, l’équipe est toujours branchée sur courant alternatif. Donc on va espérer qu’en 2019, elle puisse trouver enfin un bon rythme en continu, sinon on risque fort de ne pas s’en sortir.

S’il y a un bon et un mauvais souvenir à retenir, lesquels sont-ils?

TL : Le meilleur? Le titre de Pro B contre Chalons-Reims en 2013 avec le dernier match dans la mythique salle de Salusse-Santoni, où le public prenait feu et poussait jusqu’à la dernière seconde, contrairement à maintenant où l’Azur Arena ressemble plus à un bunker hélas. Et cette équipe là, elle avait du caractère, avec Lesly et Moussa, Anthony Hilliard et déjà Tim Blue. Ce caractère ne se retrouve pas actuellement. Mauvais souvenir? (moment de réflexion)…Je vais dire la défaite contre l’Élan Chalon en championnat le 30 novembre 2013, avec le dernier match de Toupane père sur le banc et le premier de Will Soloon sous le maillot Antibois. Un match qui fut dur à regarder de par la pauvreté de notre équipe, et l’envie de partir à la mi-temps!

MB : N’ayant pas connu les grands matchs européens ni les titres de champions de France, je ne peux pas en parler. Mais par contre, la première remontée en Pro A, au Stade Foch contre Châlons, retransmis à la télé et qu’on pouvait voir dans les restos d’Antibes, ça je peux ! Le match 1 à l’extérieur, avec ce 3 points d’Huffman dans les dernières secondes, je peux aussi ! Et donc le match 2, où on valide la remontée chez nous, avec un Bengaber en mode Gladiator, la célébration ensuite, c’est inoubliable! Mon plus mauvais souvenir, c’est je crois la toute première relégation. On avait validé le maintien sur le terrain, mais on apprend qu’économiquement le club est au niveau catastrophique, une dette à peine fini de rembourser. Donc relégation économique, et en N1 qui plus est. Je rajoute à cela les démissions de présidents, on a bien cru que personne n’allait rester, et qui dit « pas de président » dit « pas de club ».

Un joueur du passé qui vous a marqué?

TL : Y’en a pas qu’un! Car nous avons eu Fall qui joue désormais en Russie, Anthony TNT Hilliard dont on espère chaque été son retour, Mouphtaou Yarou qui fut autant un véritable guerrier sur le parquet qu’il est bonne pâte en dehors, Will Solomon au curriculum vitae surdimensionné pour la Pro A et plus encore à l’étage inférieur quand il est resté. Bourdillon aussi, un vrai soldat local. Et j’en passe…

MB : Le choix est dur. J’ai envie de citer Tim Blue, encore et toujours là. On devrait lui ériger une statue. Sinon un autre joueur, qui a marqué le club…Yann Mollinari ? Lesly Bengaber ? Pour leur leadership, leur charisme, pas forcément leurs statistiques. Mais des gars comme eux, sur le terrain, dans les vestiaires, sont des diamants rares.

Et celui qui retient votre attention cette saison?

MB : Tim Blue, forcément, mais c’est comme ça depuis 7 ans. Donc j’ai envie de dire Fernando Raposo. Il nous surprend tous. On s’attendait à un joueur de second plan, à 10 minutes de jeu maximum, on voyait des commentaires Gravelinois presque contents de s’en débarrasser, il s’avère être un vrai combattant sous le panneau, c’est notre meilleur rebondeur. Bon certes il manque un peu d’adresse, mais il se bat, c’est déjà très bien!

TL : Il y a aussi Tim oui, c’est vrai! Ce gars est un phénomène et nous le prouve à tous, lorsque l’on sait qu’il fut victime d’un AVC avec paralysie partielle il y a juste un an! Ce joueur est une légende, LA légende du basket Antibois, car il avait des propositions nettement plus intéressantes que celle de Julien Espinosa, et revenir aussi fort après un AVC, c’est irréel! Ce qui m’attriste pour lui, qui se bat pour l’équipe même au creux de la vague, c’est ce début de saison. Avec son talent et son QI basket, il mérite de jouer le haut de tableau.

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Pour vous, et d’une manière générale, à quoi correspond le sixième homme?

TL : A soutenir son équipe dans les bons et moins bons moments. Mais attention, ce n’est pas pour cette raison que nous n’avons pas le droit de dire au club les choses très clairement. Nous devons même être comme un garde fou pour donner la température au club par rapport au jeu que nous voyons, l’intensité mise, idem pour le recrutement mais aussi l’ambiance dans la salle. Depuis que Freddy Tacheny a succédé à Fred Jouve à la présidence, les relations sont très bonnes. Car la politique « business » entreprise par ce dernier n’étaient pas au goût des supporters, ni du public Antibois en général.

MB : Le 6ème homme, c’est un rouleau compresseur pour l’adversaire, c’est une moteur de Ferrari pour sa propre équipe! Il pousse, il crie, il chante, il met la pression sur les arbitres, il s’énerve quand l’équipe perd pied mais il est toujours derrière elle, et il continue encore et toujours. Sans temps-morts. Les vrais supporters, ils ne sont pas sur leur portable la moitié du match pendant les phases d’actions, et n’écrivent pas « ils sont nuls, vive la Pro B » une fois rentrés chez eux, sur les réseaux sociaux.

Pour finir, avez-vous un mot à adresser à nos lecteurs?

MB : On supporte un sport spectaculaire, on peut se targuer que le basket possède des supporters avec une bonne mentalité, il faut que ça dure. Respectons l’humain, respectons le spectacle que l’on peut voir, la passion pour seul moteur, pas la haine, pas le racisme. Souhaitons que le basket soit plus médiatisé car il le mérite, il a tous les ingrédients pour, mais aucune politique ne souhaite s’en donner les moyens. Et je souhaite, plus personnellement, une bonne année, une bonne santé, et beaucoup de bonheur(s) à chacune et à chacun !

TL : Un grand merci à Dynamic Slashers de nous donner la parole, et si des supporters adverses se déplacent à l’Azur Arena, nous serions heureux de les accueillir!

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Durant cet entretien, aucun animal ni aucune personne ne fut maltraitée. Dynamic Slashers tient à remercier chaleureusement Thomas et Michael pour leur sympathie, ainsi que pour leur disponibilité, et leur souhaite de bien belles choses pour 2019, tant personnellement que sportivement.

 

 

 

 

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