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[PORTRAIT – GOOD OLD DAYS] : Fred Weis, une vie de rebonds

La rubrique Good Old Days a pour but de revenir sur ces anciennes gloires du championnat, ayant marqué un ou plusieurs clubs de l’hexagone. Pour ce numéro, Dynamic Slashers s’est penché sur Frédéric Weis, figure Limougeaude. Focus sur un homme dont sa vie n’eu d’égales que les montagnes russes.

Un destin tout tracé

Le « petit » Frédéric naît un 22 juin 1977 en Moselle, à Thionville plus précisément. Son père dans le basket, sa grande sœur internationale (avec cinq sélections au compteur, ndlr), autant dire qu’il avait de sérieux atouts à faire valoir pour les imiter. Pourtant, ses parents l’inscriront d’abord à la natation avant de toucher à la balle orange. Ses débuts en club, il les fera à Nilvange. A l’aube de ses 14 ans, repéré par un CTR Lorrain, il intégrera le CREPS de Nancy pour la saison 1991/1992. A l’issue de celle-ci, alors qu’il toise à 2,07 mètres, l’INSEP alors en N2 (renommé depuis Centre Fédéral evoluant en N1, ndlr) lui fait les yeux doux. Pour Fred, le basket est un loisir couplé d’un plaisir, il n’espérait pas faire carrière. Pire, il ne fut pas forcément bon à l’école, bien qu’il obtienne son bac du premier coup. Il pensait même revenir en Lorraine pour travailler à l’usine. Mais trois ans après, c’est une autre industrie, une fabrique à champions, qui va s’attacher ses services à l’orée de la saison 1995/1996 : le Limoges CSP. Il a alors 18 ans, et ses 2,17 mètres pour 90 kilos en imposent déjà, lui qui a signé pour trois ans.

Le quinquennat au CSP

Sa première saison à Limoges, et comme décrite dans les colonnes de nos confrères Basket Le Mag, Fred Weis ne l’a pas oublié. Entre évictions à répétitions et anecdotes burlesques. Évictions lorsque son premier coach d’alors, Zvi Sherf, est remercié et que ce dernier pense que l’unique responsable est ce jeune de 18 ans nommé Weis, ou celle de Jean-Michel Sénégal (parti après pour Vichy, ndlr), le coach mental Luis Fernandez et ses méthodes toutes plus risibles les unes que les autres (visionnage de la bataille de Verdun, répétitions des systèmes de jeu dans l’eau avec le pauvre Marc M’Bahia ne sachant pas nager…), Vlado Djurovic et son goût prononcé pour la fête qu’importe les résultats du club, Bogdan Tanjevic, Jacques Monclar dixit « le mentor » pour Weis… Puis Dusko Ivanovic. LE coach, qui a mené la navire CSP lors du triplé en 2000 (championnat-coupe de France-Coupe Korac), mais qui fut tout son possible pour éviter les ouragans en coulisses avec ses ouailles, notamment cette sombre affaire financière qui verra Didier Rose, membre du bureau et agent de Fred Weis, partir en prison. Cette dernière saison là, les joueurs durent renoncer à hauteur de 70% de leur salaire. Tout en sachant que Fred Weis avait alors le plus gros contrat du championnat. A noter que lors de sa deuxième saison pro, il fut élu meilleur espoir du championnat.

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La parenthèse NBA

L’été avant ce triplé historique, en 1999 donc, Fred Weis s’apprête à jouer pour les bleus contre l’Espagne lors de l’Euro organisé dans l’hexagone. Il est trois heures du matin lorsqu’il lui est notifié, décalage horaire oblige, qu’il est drafté en 15e position par les New York Knicks, lui qui fut présenter comme le successeur de Patrick Ewing. Didier Rose en prison, il ne lui reste qu’un agent, américain, sauf que pour un problème de traduction, celui-ci ne rappellera jamais Weis. Le joueur se fait soigner son dos, espère un nouveau contact, qui ne viendra jamais malgré une summer league disputée. Le 30 août 2008, ses droits détenus par les Knicks sont alors échangés aux Houston Rockets contre un certain Patrick Ewing Jr, fils de… Les interrogations résident désormais sur sa réelle capacité à évoluer à son poste dans le pays de l’oncle Sam.

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D’ombre et lumière

Après le fameux triplé, Fred Weis est du voyage bleu lors des JO de Sydney, où l’Equipe de France glana l’argent face à une team USA bien souvent inquiétée lors de cette rencontre. Plus tôt en tour préliminaire, ces deux rivaux se sont déjà affrontés, et le fait marquant de ce match sera un rebond offensif pris par Vince Carter 1,98 mètres, qui s’élança dans les airs et trouva en face de lui les 2,17 mètres du Français. La suite vous la connaissez.

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Après cette médaille, Weis connaît une période faste. Si les grecs du PAOK Salonique se manifestent, d’autres équipes s’intéresse à son profil. Faute de percevoir son salaire, il n’y reste qu’un an. Un homme providentiel, qui avait fait venir le Lorrain à Limoges mais qui n’a pu le coacher pour cause de licenciement, l’appelle pour jouer dans la prestigieuse ligue Espagnole dans un club huppé qu’est l’Unicaja Malaga. Son nom : Bozidar Maljkovic. A Malaga, l’idylle prend forme, il a même un mini club de supporters. S’il fut recruté en Andalousie, ce ne sont pas pour ses qualités athlétiques ni son attaque, mais pour défendre, et son travail de sape paie puisqu’il est élu meilleur défenseur d’Europe en 2001. A cette époque, aucun joueur, dans l’histoire du club, n’eu un aussi gros contrat que Fred Weis. Il y restera trois ans, dont une issue en eau de boudin avec Sergio Scariolo.

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Surtout, survient une deuxième hernie discale, après celle de 1999. Là où le joueur tire un trait sur sa carrière et met celle en bleu entre-parenthèses, la mort dans l’âme, son agent lui déniche un contrat de trois ans à Bilbao et signe en faveur du coach Txus Vidorreta. Dans le Pays Basque aussi, un club de fans lui est dédié. La ferveur est telle que pour un non-Basque, il est intronisé co-capitaine. Un contraste saisissant lorsque l’on sait les Basques Espagnols pas franchement fans des Français. Tout fonctionne bien, à tel point que le sélectionneur national Claude Bergeaud le convoque en 2005 pour l’Euro qui se dispute à Belgrade. refusant une première fois pour reposer un corps endolori par les hernies, Weis accepte l’invitation reformulée la veille du début de la compétition, à l’issue de laquelle les bleus obtiendront le bronze aux dépens de l’Espagne. Revenons dans ce pays et son championnat. A Bilbao, Fred Weis y restera de 2004 jusqu’en 2009.

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Malheureusement, un événement familial va venir ternir la belle histoire Basque. Il apprend que son fils est autiste. En bon père qu’il est, il ne l’a pas supporté, tentant à deux reprises de mettre fin à ses jours. Alcool, médicaments… Qui furent des hypnotiques et non des somnifères comme il le pensait. Lui qui apporta plus d’une pierre à de nombreux édifices, comment la lui jeter? Il termina son périple Espagnol à Minorque en 2009, qui mathématiquement se sauva de la relégation, mais que la place en moins en ACB à cette époque a fait défaut au club des Baléares.

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Boucler la boucle à Limoges

Les effets indésirables de ses gestes impensables eurent un effet de poids : +40 kilos. Revenu dans la ville qui l’a mis en lumière, Weis ne veut plus jouer. C’est alors que Fred Forte, dont le mérite d’avoir annulé ses vacances pour sauver et restructurer le CSP lui revient, invite l’autre Fred à venir s’entraîner et s’entretenir physiquement avec l’équipe pro. Année 2010, Limoges alors en pro B, affronte Pau et se voit remonter dans l’élite.

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Fred Weis continua la saison suivante, mais des infiltrations récurrentes et des soucis aux genoux viendront achever une carrière sportive professionnelle bien remplie, riche d’un triplé championnat-coupe de France-coupe Korac en 2000 (Limoges), une médaille d’argent aux JO de Sydney en 2000, une autre coupe Korac en 2001 (Malaga), une médaille de bronze à l’Eurobasket à Belgrade en 2005. Il reviendra sur les parquets amateurs d’abord à Aixe Basket (en régionale 3) lors de la saison 2014/2015, puis au Limoges Saint-Antoine (en N3).

La reconversion

Là où d’autres congénères s’essaient au coaching ou restent dans le milieu de la balle orange, celui qui se faisait appeler « Fredzilla » n’est pas de ceux là. Il s’essaie dans la restauration en ouvrant notamment trois établissements dont une brasserie dite « de luxe ». C’est ainsi que Fred alimente le secteur à Limoges. Mais n’étant pas du métier, les arnaques et autres vols concurrents arrivent à grand pas et le contraignent à les revendre. S’en est suivi d’un rachat d’un petit bureau de tabac avec sa belle-sœur, puis un plus grand avec sa femme, Le Marigny, classé 350e sur 2600.

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En parallèle il s’essaie au commentateur sportif pour France Bleu Limousin afin de couvrir les matchs du CSP. Il entame également, en 2015, un formation du management dans le sport. Consultant sportif, voilà son filon tout trouvé, lui qui passa à la télé, hors joueur de basket, lors de l’émission télévisée « Tout le monde veut prendre sa place » présentée par Nagui, le 10 décembre 2011.

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Cinq ans plus tard, le voici en plateau aux cotés des David Cozette, Stephen Brun, Alex Bigerstaff sur SFR Sport (devenue RMC Sport) et RMC. Il est consultant pour les matchs retransmis, et intervient également pour l’émission hebdomadaire « Buzzer ». Outre l’aspect télévisuel, Fred Weis a développé sa marque de vêtements de sports, « Big Sports », qui équipe bon nombre de clubs professionnels comme le Limoges CSP ou l’Elan Chalon, et vient d’ouvrir un complexe sportif dédié au basket à l’image d’une Hoops Factory, à Limoges.

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Lui qui aime mentionner et admirer Thibault Daval-Braquet, jeune pivot de l’Élan Béarnais et au profil physique similaire au sien au même âge, a pour phrase d’accroche sur son Twitter « Essaie d’être un bon papa pour mon Enzo ». Qu’il se rassure, S’il est aussi investi pour son garçon qu’il l’est toujours en dehors d’un parquet, alors Enzo n’a aucun soucis ni reproche à faire à Fredzilla.

La rédaction souhaite remercier chaleureusement Fred Weis pour son apport d’informations à cet article, et souhaite dédier celui-ci aux regrettés Fred Forte et Thierry Rupert, grandes figures du CSP que Fred Weis a côtoyé durant sa carrière.

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